Tag: francophone

Interview avec l’activiste gay tunisien Mounir Baatour

Interview avec l’activiste gay tunisien Mounir Baatour

J’avais l’opportunité de faire un interview avec Mounir Baatour du groupe activiste Shams de la Tunisie.  Je suis très fier de la communauté LGBT tunisienne pour son courage et pour lutter pour leurs droits.  Bien que la situation c’est difficile pour les gays en Tunisie, je suis un peu plus optimiste grâce aux efforts que font les activistes comme Mounir.  Merci beaucoup à Mounir pour parler avec moi.  Voici l’interview:

1) Comment avez-vous créé le groupe Shams et quel est son objectif?

Nous avons crée l’Association SHAMS sous forme d’une page Facebook qui appelle à la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie, on a vu qu’il ya beaucoup de réactions au sujet alors on a décidé de déposer une demande d’autorisation pour une association LGBT ce qui a été accepté par le gouvernement le 18 mai 2010.  Les Objectifs de SHAMS sont :

  • Militer pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie
  • Lutter contre l’homophobie
  • Faire de la prévention contre le suicide chez les jeunes LGBT
  • Faire de la prévention contre le MST/Sida
  • Agir devant la Cours Constitutionnelle pour l’abolition de l’article 230 du code pénal tunisien qui criminalise l’homosexualité.

2) Pouvez-vous décrire la situation des homosexuels dans l’histoire tunisienne?

L’homosexualité masculine et féminine est criminalisée en Tunisie depuis 1913 sous le protectorat Français, c’est la France qui a instauré l’article 230 du code pénal en Tunisie.

La situation des LGBT en Tunisie est la suivante :

En matière de législation et des textes juridiques :

Dans une atteinte claire à la déclaration universelle des Droits de l’Homme et des articles 21, 23 et 24 de la Constitution tunisienne, l’Etat tunisien n’a pas encore abrogé l’article 230 du code pénal. Cet article interdit la relation homosexuelle entre deux personnes adultes et consentantes du même sexe. La peine appliquée via cet article est de 3 ans de prison fermes. L’Etat tunisien s’est opposé farouchement à la recommandation du conseil des droits de l’homme de l’ONU en 2012 à Genève à ce sujet. En effet, Samir DILOU, l’ex ministre des droits de l’Homme de l’époque, a formulé son opposition contre la recommandation d’abolir l’article 230 du code pénal tunisien.

Pour prouver l’homosexualité des accusés, la police et le tribunal se basent sur le test anal. Une pratique qui a été classé de la part de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) comme acte de torture et contradictoire à l’Article 23 de la Constitution tunisienne ainsi que la déclaration universelle des Droits de l’Homme dans son 5ème article. Même la position du Conseil de l’Ordre des Médecins tunisien était claire et publique en condamnant ce genre de pratique contre la déontologie de la médecine.

Au niveau social et culturel :

Avec la tolérance législative de l’Etat envers la discrimination basée sur l’orientation, Shams a enregistré plusieurs violations sociales et l’absence très claire de toute stratégie nationale pour combattre ce phénomène. Ainsi, les minorités sexuelles sont confrontées à la menace de se faire expulser de chez eux et Shams a enregistré de nombreux cas qui ont contacté l’association pour demander de l’aide car leurs parents les ont mis à la porte après avoir découvert leur orientation sexuelle.  Avec l’absence de tout encadrement, ces personnes généralement adolescentes, se retrouvent sans soutien financier ou psychologique. Pire encore: A cause l’article 230, ils préfèrent se taire au lieu de se diriger vers l’une des structures de protection de l’enfance de peur se faire violenté ou incarcéré par les agents de l’Etat.

Dans ce cadre, Shams a enregistré via les canaux de communication directs, environ 50 cas, dont 15 mineurs qui ont été violentés physiquement puis renvoyés de chez eux à cause de leur sexualité sans qu’ils aient le droit de se diriger vers un service de protection, ou un abri ou encore moins le Tribunal pour demander ce qui leur est de droit. Ceci en résulte une augmentation exponentielle des taux de suicide chez les minorités sexuelles. Sans parler des dépassements gravissimes enregistrés dans les médias tunisiens et les mosquées incitant au lynchage et la haine contre ces personnes de la communauté LGBT.

A propos des droits et des Libertés fondamentales :

Dans un autre volet, Shams a enregistré un grand nombre d’harcèlements des personnes de minorités sexuelles dans la vie professionnelle tel que le mauvais traitement infligé par les employeurs ou la discrimination à la nomination. Cette pratique est très courante au sein de l’institution militaire. Shams a ainsi enregistré deux cas : Une fille homosexuelle a été virée du corps militaire après que son identité sexuelle a été découverte et un jeune homme dont le recrutement a été refusé sans raison valable, surtout qu’il avait toutes les prédispositions physiques pour devenir militaire. Mais ce refus vient après que son homosexualité fût aussi découverte par les militaires. Ce genre de pratique est également enregistré au sein de  l’administration et les entreprises. Ce qui constitue une violation des articles 21 et 39 de la constitution tunisienne.

L’institution pénitentiaire tunisienne applique également un traitement discriminatoire envers des personnes incarcérées et qui font partie de la minorité sexuelle (violence verbale et physique, torture, etc.) ce qui en complète contradiction avec l’article 30 de la constitution tunisienne.

Les autorités tunisiennes, et le ministère de la santé en particulier, continuent à ignorer le droit d’accès au traitement contre le HIV/Sida aux malades. Sans parler de la discrimination et du mauvais traitement (insultes, harcèlement moral, etc.) contre ces malades dans les hôpitaux et ce sans le moindre encadrement psychologiquement. Ce qui représente une violation à l’article 38 de la constitution tunisienne qui déclare l’accès aux services de santé comme un droit fondamental à tous les citoyens.

Shams a également enregistré une violation de l’Etat tunisien contre les droits des personnes transsexuelles. La législation tunisienne interdit, en effet, le changement du nom et du sexe de la personne sur les papiers administratifs et les extraits de naissance, même si c’est motivé par un dossier médical, sauf sous ordre du tribunal.

3) Est-ce que la société tunisienne est plus progressive quant aux enjeux gays/féministes que les autres pays arabes?

La société tunisienne est aussi conservatrice que les autres pays arabes quant aux enjeux LGBT, c’est une société matchiste et masculine qui ne respecte pas les droits des minorités en général, un matchisme teinté d’arrière pensée islamique sachant que l’islam est une religion homophobe.

4) Il y a aussi des groupes pro-gays au Liban, un autre pays arabe avec plusieurs francophones.  Pensez-vous que les liens avec le monde francophone ont influé les changements sociaux en Tunisie?

Je constate que sur les 127000 fans de notre page FB, il y a 108000 fans qui sont francophone ce qui prouve que l’élite francophone en Tunisie est plus sensible à la question LGBT et plus tolérante.  Nous saluons l’intervention du premier ministre canadien au 17ème sommet de la francophonie à Madagascar, qui a appelé à respecter les droits de la minorité LGBT. Mais malheureusement nous constations que plus que 30 pays francophone continuent de criminaliser l’homosexualité dont la Tunisie, le Liban, le Maroc et l’Egypte pour ne pas parler que des pays de culture arabo-musulmane.

5) Comment collaborez-vous avec les autres organisations tunisiennes, arabes, et internationales?

Nous avons crée un front LGBT en Tunisie avec d’autres associations et le réseau Euromed droit nous collaborons avec l’association Helem Montréal qui est une association libanaise basée au Canada et nous avons crée l’association SHAMS France pour les LGBT maghrébins résidents en France. Nous avons des actions communes avec l’association française ADHEOS qui nous aide pour lutter contre le discours intégriste homophobe en Tunisie.

2000px-lgbt_flag_map_of_tunisia

 

 

Un interview avec Québec solidaire

Un interview avec Québec solidaire

Québec solidaire est un parti progressiste au Québec.  Je trouve que c’est très intéressant et à certains égards un source d’inspiration politique pour mon pays, les États Unis.  J’avais eu le plaisir de faire cet interview avec Benoit Renaud, membre de la Commission politique de Québec solidaire et porte-parole pour la région de l’Outaouais. Aussi, il était candidat dans la circonscription de Hull aux dernières élections.  Merci beaucoup à lui pour faire cet interview avec moi.  Voici les questions et les réponses:

1. Il y a un débat au Québec sur l’immigration.  Quelle est votre perspective sur ce thème?  Est-ce qu’il y a une différence entre votre parti et le Parti Québecois?

Le nouveau chef du Parti québécois a déclaré, durant la course à la chefferie, que chaque année, avec les 50 000 immigrantes et immigrants qui arrivent au Québec, le camp souverainiste perd l’équivalent d’une circonscription aux élections (sur les 125 que compte notre Assemblée nationale). Il s’est rétracté par la suite, mais il avait exprimé ce que bien des nationalistes pensent depuis le référendum de 1995, soit que les nouveaux arrivants sont gagnés d’avance à la cause de l’unité canadienne.

À Québec solidaire, nous croyons au contraire que l’avenir du mouvement pour l’indépendance se trouve du côté des jeunes et des minorités, bref des personnes qui n’ont pas été convaincues par le discours nationaliste du PQ, mais qui pourraient se rallier à un projet démocratique, écologiste et de justice sociale. Nos résultats aux élections tendent à démontrer que nous sommes le seul parti capable de convaincre de nouvelles personnes de voter pour un parti indépendantiste.

2. C’est sûr que la langue est toujours un sujet important au Québec.  Comme parti souverainiste et aussi très progressiste, comment proposez-vous trouver un équilibre entre la préservation du français et les droits linguistiques des immigrants?

L’objectif de la Charte de la langue française est de faire en sorte que les membres de la majorité francophone du Québec (une minorité au Canada et une toute petite proportion de la population du continent) puissent vivre en français dans leur propre pays. Pour ce faire, il y a notamment des incitatifs pour que les lieux de travail de 50 employés et plus fonctionnent en français. Nous croyons qu’il faudrait abaisser ce seuil parce que bien des entreprises sont plus petites et échappent à la loi. Nous sommes d’accord avec le Parti québécois sur cette question.

En même temps, nous reconnaissons les droits historiques de la minorité anglophone de disposer de ses propres institutions (hôpitaux, écoles, universités, municipalités…) qui fonctionnent principalement en anglais. Pour ce qui est des autres groupes linguistiques, que nous appelons allophones (autres langues), nous souhaitons qu’ils apprennent en priorité le français et participent aux institutions de la majorité. C’est pourquoi les enfants d’immigrants doivent fréquenter l’école française.

Présentement, plus de la moitié des nouveaux arrivants parlent déjà le français à leur arrivée au Québec. Un autre quart apprend le français par la suite. Cette proportion de 75% de francophones et de francisés est presque suffisante pour maintenir l’équilibre linguistique à long terme. Présentement, 80% de la population du Québec est francophone, 8% est anglophone et 12% se partagent les autres langues. Il faudrait faire juste un petit effort de plus pour éviter toute crainte d’un déclin à long terme du français. Au lieu de cela, le gouvernement actuel a réduit les budgets des organismes qui s’occupent de la francisation des immigrantes et immigrants. Il devrait au contraire reconnaître l’apprentissage du français comme un droit et faire en sorte que l’offre de cours suive la demande.

La protection du droit de travailler en français est importante pour les immigrantes et immigrants allophones aussi. Autrement, on les oblige à apprendre deux nouvelles langues pour pouvoir obtenir un emploi, ce qui n’est pas raisonnable!

3. Aux États Unis, on a un système bipartiste.  Les américains de gauche on a peur de voter pour un troisième parti.  Comme parti de politique alternative, avez-vous quelques recommandations pour les progressistes américains?

Il faut être patient! Avant d’arriver à fonder Québec solidaire et à finalement faire élire un premier député nous avons passé par un chemin complexe de regroupement de forces politiques diverses qui a pris plus que dix ans. Aussi, il est primordial d’enraciner cette nouvelle force politique dans des mouvements de mobilisation populaire. Pour nous, il y a eu la Marche mondiale de femmes en 2000, le Sommet des Amériques en 2001, le mouvement contre la guerre en Irak en 2003, etc. Il faut donc combiner la convergence des forces politiques existantes avec l’émergence de nouvelles générations de militantes et de militants. Les jeunes et les femmes ont un rôle clé à jouer dans un tel processus.

Au Québec, l’argument à l’effet qu’il faudrait voter pour le PQ parce qu’il serait « moins pire » que le Parti libéral ne tient plus. Le PQ au pouvoir a fait « pire » que les Libéraux à plusieurs occasions, notamment avec des lois répressives contre le mouvement syndical ou avec sa proposition de « charte des valeurs » qui était une attaque à peine voilée contre les minorités religieuses et culturelles du Québec. J’aime bien l’expression de Michael Moore « the evil of two lessers », qui me semble résumer le problème.

4. Est-ce que vous vous inspirez de partis en dehors du Québec?  Par example, en Grèce on a le parti anti-austerité “Syriza” et il existe presque la même chose en Espagne – “Podemos”.  Ou peut-être est-ce que vous avez des amis politiques dans le monde francophone?

Nous entretenons des liens de plus en plus étroits avec diverses forces politiques de gauche ailleurs dans le monde. Au début, nos regards se tournaient surtout vers l’Amérique Latine, avec les développements au Venezuela, en Bolivie et en Équateur, notamment. Plusieurs de nos membres ont participé aux Forums sociaux mondiaux. Plus récemment, nous avons échangé avec des mouvements et partis de gauche en Europe, dont ceux que vous mentionnez, mais aussi Die Linke (Allemagne), le Bloc de gauche (Portugal), le Front de gauche (France), et Scottish Left project (Écosse). Beaucoup de militantes et de militants de QS peuvent discuter de politique en anglais ou en espagnol, ce qui facilite les liens avec ces groupes.

Lors de notre dernier congrès, nous avons ouvert les travaux avec un panel international qui incluait une militante écossaise et un représentant de Die Linke. On évoquait alors l’émergence d’une internationale de la solidarité, contre l’internationale de l’austérité. Des représentants de Québec solidaire ont aussi participé à des rencontres de ces partis et nous comptons multiplier ces occasions d’échanger et de collaborer.

5. Pourquoi est-ce important d’avoir un parti souverainiste comme le vôtre au Québec quand il y a déjà un parti indépendantiste – le PQ?

Notre vision de l’indépendance, tant sur le pourquoi que sur le comment, est très différente de celle du PQ. Nous croyons que l’autodétermination de la population doit être au cœur du projet. C’est pourquoi nous proposons l’élection d’une assemblée constituante qui aura comme tâche de proposer une constitution pour le Québec. Cette assemblée serait le résultat d’une démarche de démocratie participative sans précédent. Pour nous, c’est cette souveraineté du peuple qui peut donner un élan vers l’indépendance. Tandis que le Parti québécois est toujours pris avec le modèle monarchiste hérité de l’empire britannique qui consiste à concentrer l’initiative et le pouvoir entre les mains du premier ministre, pendant que le peuple joue un rôle d’appui passif.

Aussi, il ne suffit pas de réaliser une indépendance formelle, légale. Bien des pays sont en théorie indépendants mais sont pris au piège d’une dépendance économique. L’exemple récent de la Grèce est frappant à cet égard. Nous proposons un projet social, économique et écologique qui permettrait au Québec d’échapper, au moins en partie, à la dictature des marchés financiers et des entreprises multinationales.

6. Il y a maintenant une politique d’austérité très forte au Québec.  Comment proposez-vous confronter cette philosophie dangereuse?

Il y a déjà une mobilisation sociale d’envergure au Québec sur cette question. Comme parti politique, nous pouvons intervenir à plusieurs niveaux pour appuyer ce mouvement. Nos députés prennent la parole à l’Assemblée nationale pour dénoncer l’austérité à chaque occasion. Nous présentons aussi des alternatives à l’austérité avec nos propositions de politique économique. Enfin, nous organisons des échanges parmi nos membres sur la question de l’austérité et des mobilisations contre ces politiques.

Cette année, les 500 000 travailleuses et travailleurs du secteur public provincial sont en période de négociation de leurs conventions collectives. Les syndicats du secteur public constituent une force considérable qui est déjà en bonne partie mobilisée contre l’austérité. On peut s’attendre à une confrontation majeure cet automne avec le gouvernement. Québec solidaire sera du côté des travailleuses et des travailleurs dans cette lutte et nous souhaitons qu’elle se transforme en une mobilisation populaire large contre l’ensemble des politiques d’austérité, en s’inspirant de la grande mobilisation du printemps 2012 qui avait été provoquée par la grève étudiante.

A Short History of Quebec

A Short History of Quebec

Recently I had the pleasure of reading A Short History of Quebec by Brian Young and John Dickinson.  It’s a great introduction to the history of the region and is filled with social history (the role of women, first nations, labor movement, etc) that may be overlooked by books more focused on politics.  Special thanks to Professor Young for granting me this interview:

1. If I’m correct, I believe both of you are anglophones.  How does this background influence your understanding of the region’s history?

Being ‘anglophones’ is just one factor in our makeup as historians of Quebec. John and I are of a generation born in the 1940s, we are males from middle class families, are parents, and we studied in the particular intellectual ambiance of Toronto. English speakers by birth both of us have been deeply involved in francophone society. John is perfectly bilingual, his children have French as their first language, and he spent his career in French at the Université de Montréal. In retirement, John lives in Brest, France. I trained first as a political historian with my consciousness of Quebec dating from the Pierre-Elliot Trudeau phenomenon of the 1960s. I taught at McGill University in Montreal from 1976, an institution that can be seen as a sort of litmus test of linguistic relations in Montreal. After my PhD and teaching in the U.S. of post Vietnam for six years, I came to Quebec to participate in a progressive, social democratic society, unique in North America, and one in which French was the ‘official’ language. I have been less at ease with events in Quebec since the second referendum on independence in 1995 and the ‘ethnic’ and conservative turn in Quebec politics.

2. As an American, I came in with the stereotype that Quebec had a definitively more progressive history than ours.  Yet in your book, you give a fascinating and nuanced picture of Quebecois society.  For example, women could vote in the early 1800s, but were then disenfranchised mid-century.  And taverns were restricted to men until 1979.  What is the most common misconception people have about Quebec’s history?

Whether one is referring to women’s, legal, or political history, Quebec has a distinct history that most North Americans ignore royally. Certainly, Quebec, historically dominated by the Catholic Church and a traditional elite, was, until the mid twentieth century, behind other North American jurisdictions in its labor, educational and social policies. In the past half century, it has leapfrogged on social issues like the welfare state, the environment, gay rights, women’s equality, right to die, low university tuition etc. Deindustrialization, dependence on equalization payments from more prosperous parts of Canada, periodic bouts of ethnocentrism, and the decline of Montreal, have hurt Quebec’s reputation. Americans have profound misconceptions about Quebec and Canada. Their neighbors to the north are certainly not dull. On their very doorstep, Americans can experience Quebec’s linguistic, cultural, and social experiment.

3. Your book details many economic/social issues (which I had known less about) as well as the better-known linguistic ones.  What is the relationship between language and the fight for social justice in Quebec history- how has one affected the other?

This question is at the very root of the Quebec question. Is a nationalist movement with a fixation on language inevitably conservative and prone to ethnic centrism? My own feeling is that Quebec vacillitates between a rich history of tolerance, ‘bonne ententism’, vibrant reception of immmigrants, and social justice and periodic episodes of nativism, fear, and mistrust of the ‘other’.

4. Your book reviews some of the pro-independence movements and politicians in Quebec.  Has there ever been a movement to reunite Quebec with France?  If not, why do you think an independence movement developed but not a reunification one?

The cession of New France to Britain in 1763 acted as a firewall isolating Quebec from the French Revolution, republicanism, and France’s vigorous assertion of laicitiy. As a result, Quebec developed in very different ways from France. Quebecers, although singularly secular, seem quite at ease with a crucifix over the speaker’s chair in the National Assembly and a dual educational and hospital system that reflects historic Catholic and Protestant communities. A strong independence movement has long existed in Quebec, Quebecers were enchanted with Charles de Gaulle’s ‘Vive le Québec libre’ declaration from the balcony of the Montreal City Hall in 1967, and sovereignty referendums were held in 1980 and 1995. In the latter, the ‘Yes’ received 49.2% of eligible votes and through the Parti Québécois independence remains a strong option. Visits to Paris and to the proverbial French ‘cousins’ remain a favorite destination. However, free trade with the United States, a ‘National’ Hockey League largely composed of American teams, Celine Dion who made her career in Las Vegas, and the attraction of Quebec ‘snowbirds’ to Florida rather than the Riviera, are indicative of Quebec’s integration as a North American society.

5. While the book focuses on Quebec, it also touches on the fate of francophones in the rest of Canada.  Are you optimistic about the survival of French-Canadian culture outside Quebec?

The future of linguistic minorities is hard to predict. Of the 1,067,000 Canadians of French mother tongue outside Quebec, most live in Ontario and New Brunswick where they represent sizeable minorities. Although they benefit from various federal and provincial programs in the educational, social, and cultural sectors, their survival in an English world is perhaps precarious. Two of my grandchildren are in francophone schools in the Toronto region: their schools are well-funded and excellent and they will become part of a bilingual citizenry.

6. I’m headed to Quebec this summer with my partner for vacation.  Besides this fantastic book, what other ones would you recommend I read to learn more about Quebec?  And for our trip, what are some “must-see” historic sites we should include on our itinerary?

How about a novel or two to set the stage for your trip to Quebec. In English, the works of Mordecai Richler are probably the best known but for popular life in francophone Montreal try Michel Tremblay’s The Blue Notebook or for an historical classic try Anne Hébert’s Kamouraska. Quebec films are another useful introduction to Quebec. Why not sample, Claude Jutra’s Mon Oncle Antoine (1971); Deny Arcand’s Decline of the American Empire (1986), or Xavier Dolan’s recent Mommy (2014). For more academic treatments of Quebec history, I enjoyed Jack Little and Peter Gossage, An Illustrated History of Quebec and Denyse Baillargeon’s A Brief HIstory of Women in Quebec. The museums, historic sites, restaurants, and night life of Montreal and Quebec City make them the principal tourist destinations. In addition, why not get off the beaten track (see the Quebec government’s web site http://www.bonjourquebec.com/qc-en/accueil0.html) and travel along the south shore of the St. Lawrence River from Quebec City visiting the quarantine station at Grosse Île and the Reford Gardens (Jardin de Métis) at Grand-Métis. Close to Vermont, the region of the Eastern Townships around Sherbrooke has hidden historical treasures, delightful inns, and good food.

A native of Winnipeg Manitoba, Brian Young taught the social and institutional history of Quebec at McGill University, Montreal. Retired, he now divides his time between Montreal and Nice. His most recent book, published by McGill-Queen’s University Press (2014), is Patrician Families and the Making of Quebec The Taschereaus and the McCords.

photo Briaan promenade cyclistesnm

Un interview avec “Le Vent Du Nord”

Un interview avec “Le Vent Du Nord”

Merci beaucoup a mes musiciens québécois préférés pour faire cet interview avec moi.  J’ai commencé apprendre le français il y a 2 mois et leur musique c’est une raison!  Voici son les questions et les réponses:

1. Qu’est-ce que c’est les caractéristiques de la musique québécoise folk/traditionnelle?

Le chant à répondre, la puissance des voix, le tapement de pied sont de grandes caractéristiques de la musique traditionnelle du Québec

2. Comment ont changé votre musique et la dynamique de votre groupe après 13 ans ensemble?

Beaucoup dans le son, les textures sonores plus denses, la précision de l’exécution en spectacle et l’organisation des tournées!!!

3. Quels musiciens ont influé votre musique?

La Bottine Souriante, Daniel Lanois, Manigance, Les Charbonniers de l’enfer, Hommage aux ainés, Vasen, Ale Moller et Lena Willemark, etc.

4. Qu’est-ce que c’est votre inspiration?  Avez-vous l’intention de partager un message (culturelle, historique, politique, etc.) avec vos audiences au travers de votre musique?

Nous désirons présenter une facette de qui nous sommes au Québec, notre façon de vivre, notre façon de résister, de rire et d’exister. Et d’éduquer un peu le public de certains aspects historiques qui ne sont souvent pas ou plus enseignés.

5. Est-ce que c’est une expérience différente jouer en concert pour une audience francophone que pour une audience anglophone?  Pourquoi?

Bien sur, les anglophones (hors Québec disons) prennent le groupe comme un groupe exotique et fascinant, sans références de liens historique. Les québécois partent avec une idée déjà préconçue de cette musique et de ce qu’elle représente. En France, c’est aussi différent, ils nous prennent comme de lointains cousins, descendants de leurs ancêtres. C’est un peu drôle!

6. Je visiterai Québec (Montréal, la ville de Québec, peut-être des autres villes) avec mon partenaire Peter ce juin.  Qu’est-ce que c’est vos endroits/activités préférés dans la région?

Charlevoix, Tadoussac, le fiord du Saguenay (camping SEPAQ et marche en sentiers), et notre festival chants de vielles .com  la dernière fin de semaine de juin!! et on joue le 18 juin à Montréal au Francofolies à l’astral (lancement de l’album à Montréal)

Une chanson magnifique!

Plus information sur le groupe (selon le site officiel):

Non seulement considéré comme un ambassadeur francophone incomparable, Le Vent du Nord est un moteur du mouvement folk progressif québécois, ainsi qu’un groupe phare dans le mouvement de renaissance de la musique traditionnelle du Québec. Depuis sa fondation en 2002 il a connu une ascension fulgurante qui ne cesse d’étonner! Il a réalisé plus de 1200 concerts sur 5 continents, a fait paraître 7 albums et été récipiendaire de nombreux prix prestigieux dont un GRAND PRIX DU DISQUE CHARLES CROS (France), deux JUNO AWARDS (Canada) ainsi qu’il a été primé ARTISTE DE L’ANNÉE tant dans les réseaux North American Folk Alliance que celui des Prix de Musique Folk Canadienne! Ses qualités d’interprète, d’arrangeur et de composition tout autant que sa très forte présence scénique empreinte d’une profonde générosité sont dorénavant reconnues à l’échelle mondiale.

Aujourd’hui formé des chanteurs et multi-instrumentistes Nicolas Boulerice, Simon Beaudry (depuis 2003), Olivier Demers et Réjean Brunet (depuis 2007) le groupe interprète des œuvres tirées du répertoire traditionnel ainsi que des compositions originales. Une musique qui, sans aucun doute, est bien de son temps.

Les juifs québécois: An interview with Professor Pierre Anctil

Les juifs québécois: An interview with Professor Pierre Anctil

My partner Peter and I are headed to Québec this summer to visit a close friend of his and also to just explore the region. I’m also excited to practice the French I’ve been learning in my lessons here in D.C.! I had the privilege recently to connect with Prof. Pierre Anctil of the University of Ottowa who specializes in the history of the Jews of Quebec. A lot of my questions were based off my reading of his article “A Community in Transition: the Jews of Montréal“. I am grateful for his time and thoughts, which you can find below:

1) A high percentage of Quebecois Jews go to Jewish Day Schools. What is the language policy of these schools and has this changed over the years?

In Québec access to school is regulated by the language in which the parents were educated – in Canada. So the following rule does not apply to Jews educated outside of Canada.

If educated in English in Canada – which is the case of most Ashkenazi Jews in Montréal, parents may send their children to English language schools in Québec. Jews who arrived in Montréal in 1978 – rarely Anglophones – must send their kids to French language schools. So each Jewish private school in Montréal has a French sector independent from its English sector.

All immigrants since 1978 must send their kids to French language schools.

2) This is a creative question, so feel free to speculate. How might history have been different if Jews had been placed in Francophone schools instead of Anglophone ones when they immigrated to Quebec?

History would have been indeed quite different. In such a situation I do not think that the like of a Mordecai Richler would have existed. Richler felt threatened by the rise of Francophone nationalism because he had been educated entirely in English in the Protestant school system of Montréal and could not communicate in French to his own Francophone compatriots. Today, the gap between French Canadians and Anglophone Jews has been bridged. But this would have taken place much earlier otherwise, say before WWII as opposed to during the eighties.

3) How has Sephardic immigration to Quebec changed the Jewish community (internally) and its relationship with the rest of Quebec (externally)?

A great deal. Sephardim were not perceived as Jews initially by French Canadians because they spoke their language. Sephardim also pushed the otherwise Ashkenazi Montréal Jewish community to open itself to the French presence, if only for their own sake. They also served as médiators between Anglo Jews and Francophones, and often found integration into Francophone Québec quite simple and easy.

4) Now that the Quebecois Jews are more likely to be bilingual (or even Francophone), do you see relationships building between the community and other Francophone Jews around the world (e.g. France, Belgium, Switzerland, Morocco, etc.)? If they haven’t done this yet, is this an opportunity they should take advantage of?

Yes, there is this tendency, definetly. There is also to be expected, because of the recent events, the likelyhood of a French Jewish immigration to Québec, a place where it is possible to be Jewish in French and have a career in that language.

5) I imagine there must be some smaller Jewish communities outside of Montreal in Quebec City or small towns. How are these communities different from the one in Montreal?

97% of Québec Jews live in the Montréal region. I will soon publish a book on Québec City Jews, celebrating 400 years of Québec City Jewish history, but their numbers was always very small – never more than 500 individuals.

6) Over the past 10 years there has been an increase in antisemitism in France leading to Jewish emigration. How has this impacted the Quebecois Jewish community?

See my answer on point 4. I am convinced that this will lead to an increased immigration in the long term, not to mention more interest for Québec on the part of French Jews.

7) What do you see in the future of the Quebecois Jewish community? Are you optimistic?

I am quite optimistic. There will always be a Jewish community here in the foreseeable future, but it will be quite different from the one that existed say 25 or 50 years ago.

Jews will be more integrated into the fabric of Québec francophone society. As I said in my article, Montréal is the only city in North America where organized Jews negotiated with the outside world in a language other than English. Perhaps in contradiction with other parts of North America, it is also my impression that Jews will be more religious here – although not visibly so to the outside – than elsewhere.

8) I’m visiting Quebec this summer with my partner for the first time- what are some “must-see” Jewish sites, experiences, or people?

Yes, you should visit the Jewish “campus” on Côte-Sainte-Catherine, where many Jewish cultural institutions are housed. I will be glad to be your guide. A tour of historic Jewish Montréal on Plateau Mont-Royal would also be worthwhile.

PierreAnctil-Jerusalem-2012

Pierre Anctil is a full professor at the department of history of the University of Ottawa, where he teaches contemporary Canadian history and Canadian Jewish history. He was the director of the Institute of Canadian Studies at the University of Ottawa from July 2004 until July 2008. Before that date, he was president of the Conseil des relations interculturelles of the Government of Québec, 2002-2003, and has held different positions in the Québec civil service in the domain of immigration (1991-2004). He was a guest researcher in 1999-2000 at Musée Pointe-à-Callière, for the conception of an exhibit on boulevard Saint-Laurent (2002) and for an international exhibition on the Bible and the Dead Sea Scrolls (2003). He was also director of the French Canadian Studies Program at McGill University (1988-1991) and researcher at the Institut québécois de recherche sur la culture (1980-1988).

He has written at length on the history of the Jewish community of Montréal and on the current debates on cultural pluralism in Montreal. Among his contributions are translations from Yiddish to French of memoirs written by Jewish immigrants to Montréal in the first half of the twentieth century. For the period of 2008-2010, he was awarded a Killam fellowship by the Canada Council of Arts for a research entitled: “Parcours migrant, parcours littéraire canadien, le poète yiddish Jacob-Isaac Segal”. He has published Trajectoires juives au Québec (Presses de l’Université Laval, 2010) and, in collaboration with Ira Robinson, Les communautés juives de Montréal, histoire et enjeux contemporains (Septentrion, 2010). In 2011 he co-directed with Howard Adelman a book entitled : Religion, Culture and the State, Reflections on the Bouchard-Taylor Report (University of Toronto Press). He has also authored a book entitled: Fais ce que dois. 60 éditoriaux pour comprendre Le Devoir sous Henri Bourassa, 1910-1932 (Septentrion, 2010), plus two others on the same topic. In the Fall of 2013: Soyons nos maîtres. 60 éditoriaux pour comprendre Le Devoir sous Georges Pelletier, 1932-1947 and in the fall of 2014 : À chacun ses Juifs. 60 éditoriaux pour comprendre la position du Devoir à l’égard des Juifs 1910-1947. He is also the author of a literary biography, that of Montreal Yiddish poet Jacob-Isaac Segal, entitled Jacob-Isaac Segal (1896-1954), un poète yiddish de Montréal et son milieu (Presses de l’Université Laval, 2012).